Législatives : Plus de 24 millions d’électeurs appelés aux urnes samedi pour élire leurs représentants à l’APN

Plus de vingt-quatre millions d’électeurs et électrices sont appelés aux urnes samedi 12 juin pour élire leurs représentants à l’Assemblée populaire nationale (APN) pour les cinq prochaine années, après une campagne électorale marquée par les appels à une forte participation à cette échéance “décisive” pour la stabilité du pays et la relance dynamique du développement socio-économique.

Selon les derniers chiffres de l’Autorité nationale indépendante des élections, le corps électoral pour le scrutin législatif s’élève, après examen des recours, à 24.425.187 personnes dont  23.522.322 à l’intérieurdu pays, et 902.865 électeurs issus de la communauté nationale à l’étranger.

Les 407 sièges à pourvoir pour la neuvième législature sont répartis sur un total de 58 circonscriptions électorales (contre 48 auparavant), après la promotion en début d’année de dix circonscriptions administratives en nouvelles wilayas, en plus des 4 zones pour le vote de la communauté nationale établie à l’étranger. 


Lire aussi: Législatives : la 9ème législature, parachèvement de l’édification des institutions de l’Etat


Vingt-huit (28) partis politiques sont en lice pour ces élections avec 646 listes (10.468 candidats), soit moins que les indépendants qui ont présenté 837 listes (12.086 candidats), une tendance inédite qui dénote, selon des observateurs, la volonté de la société civile de jouer un rôle plus actif au sein des institutions. 

Selon les chiffres fournis par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), qui supervise tout le processus électoral, plus de 13.000 jeunes sont candidats à ces élections, alors que le nombre de femmes est de 8.305.

Le nombre de candidats de niveau universitaire atteint quant à lui 19.942, soit 74 % de l’ensemble des candidats, a relevé le président de l’ANIE, Mohamed Charfi, estimant que ce fait indique que la prochaine ANP connaitra une “véritable dynamique”.

Le nombre d’électeurs inscrits à travers le territoire national s’élève à 23.522.309, alors que le nombre d’électeurs inscrits à l’étranger est de 902.865. Ces électeurs sont appelés à s’acquitter de leur devoir électoral dans 61.543 bureaux de voté, répartis sur 13.000 centres. Le nombre de bureaux de vote à l’extérieur du pays est de 357, tandis que celui des bureaux itinérants est de 139.

Toutes les garanties réunies pour protéger la volonté populaire et la régularité du scrutin

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a donné mardi dernier instructions au ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du Territoire et aux responsables des corps de sécurité de sécuriser l’opération électorale, notamment les bureaux de vote, conformément aux dispositions de la loi régissant et encadrant les élections qui “garantit à l’électeur la liberté de vote et criminalise toute atteinte à l’exercice de ce droit consacré par la Constitution”.

“Toutes les garanties constitutionnelles, juridiques et réglementaires” sont réunies pour “protéger la volonté populaire et la régularité de l’opération électorale, en concrétisation des dispositions des articles 7 et 8 de la Constitution”, a affirmé le président Tebboune lors d’une réunion du Haut Conseil de Sécurité consacrée à l’évaluation des préparatifs des élections législatives.

A la veille de ces élections, la revue El Djeich a réaffirmé dans un éditorial que “l’Armée nationale populaire est une armée républicaine qui continuera à tout jamais de s’acquitter de ses missions constitutionnelles (…) en s’abstenant ainsi de s’immiscer dans tout processus électoral”, ajoutant que son unique rôle consistera à “réunir les conditions idoines à même d’assurer son déroulement en toute sécurité et permettre ainsi à notre peuple d’exprimer librement et en toute transparence son choix”.

Changement radical dans le mode de scrutin pour combattre l’influence de l’argent 

Ces élections législatives sont organisées dans la cadre de nouvelles dispositions légales. La loi organique relative au régime électoral, modifiée et complétée, instaure un nouveau mode de scrutin: le scrutin de liste ouverte à la proportionnelle avec vote préférentiel sans panachage, qui donne lieu à une répartition des sièges proportionnelle au nombre de voix obtenues par chaque liste avec application de la règle du plus fort reste.

En clair, c’est les électeurs qui choisissent les candidats, contrairement au scrutin à liste bloquée ou liste fermée dans lequel les électeurs ne peuvent pas modifier la composition et l’ordre des candidats sur une liste.

Un mode qualifié par le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer, de “tournant” et de “changement radical par la voie pacifique et institutionnelle”.

La loi organique relative au régime électoral se distingue également par rapport aux précédentes par la limitation des mandats parlementaires à deux et “encourage la participation des jeunes à la vie politique”. Elle entend en outre “réhabiliter le mérite et surtout éloigner l’argent de toute influence sur le libre choix des électeurs”.


Lire aussi: Législatives: le renforcement du front interne passe par les urnes


Le président de l’ANIE s’est félicité du déroulement de la campagne électorale sans incidents, une campagne au cours de laquelle les intervenants ont insisté sur la réhabilitation de l’APN dans son rôle de législateur, de promoteur du développement économique et de porte-voix des préoccupations des citoyens.

Le président Tebboune avait annoncé en février dernier la dissolution de l’APN et l’organisation d’élections législatives anticipées, indiquant qu’un changement profond du gouvernement interviendra “en fonction de l’issue de cette échéance”.

Conformément à l’article 103 de la Constitution amendée adoptée par référendum le 1 novembre 2020, le gouvernement est dirigé par un Premier ministre lorsqu’il résulte des élections législatives une majorité présidentielle et par un Chef du gouvernement lorsqu’il en résulte une majorité parlementaire.

Avant l’amendement de Constitution, le président de la République pouvait désigner un chef de l’exécutif en dehors de la majorité parlementaire.