Edition : « Cheikh Ziane Achour »… un proche compagnon d’armes de Benboulaid et de Si El Haoues

Lors d’une table ronde organisée à Sidi Bel-Abbès à l’occasion de la « Journée Internationale de l’écrivain africain », la maison d’éditions “El Oussoul” a mis à profit l’événement pour annoncer la parution, sous le titre «Cheikh Ziane Achour », d’un nouveau livre signé de notre ami et confrère Hani Abdelkader, écrivain et chercheur en archivistique.

Dans une note de présentation destinée à la presse, l’auteur de l’ouvrage tiendra à expliquer d’abord le choix porté sur “Cheikh Ziane Achour”, « une grande figure de la guerre de libération  nationale, et néanmoins proche compagnon de Benboulaid et de si El Haoues , qui est restée pendant longtemps très mal connue, voire occultée  peut-être parfois ostracisée , aussi bien dans les écrits historiques que dans la presse bien pensante. »

« Pourtant, poursuivra Hani Abdelkader, Henri Alleg l’un des meilleurs historiens de la guerre de libération, souligne bien à propos dans un de ses ouvrages que « dès octobre 1955, il (Cheikh Ziane Achour ) est à la tête d’un groupe de 1000 hommes » dans les maquis du sud-algérois. «Très vite, selon des sources dignes de foi citées,  dans ces années d’avant le congrès de la Soummam, les unités ‘zianistes’ ( c’est sous ce nom que sont restées dans la mémoire collective les unités sous le commandement du cheikh Ziane ) gagnent en effectifs et en combativité. Des groupes de maquisards des Aurès, de  Laghouat, de Djelfa, de Boussaâda de la région de Touggourt et d’Ouargla, de la Kabylie, voire même de la lointaine Oranie. » 

« Les unités ‘zianistes’ encadrées par des officiers de valeur  portèrent des attaques meurtrières contre les unités françaises et contre les intérêts économiques français dans ces régions sud ou les compagnies pétrolières sont en train d’entreprendre  des forages pétroliers. » « La situation est jugée assez grave pour que l’état-major d’Alger crée à Laghouat un groupement particulier, le Commandement Opérationnel du Sud-Algérois, le fameux COSA. ».

« L’état-major français met donc le paquet, mobilisant groupes d’élites et aviation. Le 23 janvier 1956, un journal algérois signale triomphalement qu’  « une katiba en cours de regroupement est anéantie prés de Djelfa » Mais les unités qu’on appelle alors ‘zianistes’ restent  actives. »

« Et  lorsque cheikh  Ziane Achour est tué, lui et nombre de ses compagnons, le  7 novembre 1956, les  officiers  français s’enorgueillissent d’avoir abattu « un général », «  un homme digne d’estime, de nature à ne pas s’incliner devant l’adversité ». Les militaires français découvriront dans la cache qui lui servait de PC un drapeau algérien qu’ils déploieront en son honneur. C’est d’ailleurs l’une, si ce n’est pas la ‘première’ apparition du drapeau algérien dans sa version actuelle. »

« La mort du  compagnon de Benboulaid et de Si El Haoues, fera observer Hani Abdelkader, aura un « grand retentissement à Alger » selon le général français Katz et sera saluée par l’Echo d’Alger par un article des plus élogieux pour ce général. Sa mort sera suivie par les grands troubles que connaîtront les régions sud lors de la difficile naissance de la wilaya VI. Ses troupes, les ‘zianistes’ , guidés par de valeureux officiers , de l’avis même des officiers français qui ont eu à les combattre , à l’exemple de Amor Driss  qui mourra en défendant  les colonels Amirouche et El Haoues, continueront  le combat jusqu’à la libération du pays. » 

« Sa mort inaugurera malheureusement les luttes fratricides qui émailleront la naissance de wilaya VI  et qui seront à l’origine de la mort du colonel  Ali Mellah, de la sanglante aventure du pseudo « général » Bellounis… Sachant que la wilaya VI  ne  se déterminera  qu’avec l’arrivée à sa tête de celui qui fut le compagnon de cheikh Ziane Achour, le colonel El Haoues en l’occurrence. »

Pour l’auteur, il va sans dire que la parution de ce nouveau livre ne peut que faire œuvre de justice à l’endroit d’un authentique héros qui a marqué, par ses hauts faits d’armes, l’histoire de la révolution dans la région Sud du pays.

Il faut rappeler que notre ami et confrère Hani Abdelkader qui est un ex cadre des Archives Nationales et enseignant à l’université Djillali Liabès de Sidi Bel-Abbès, compte à son actif un grand nombre d’ouvrages, parmi lesquels « Bechar et sa région entre histoire et légendes », Oran, Dar El Gharb, 2002. « Correspondances de l’émir Abdelkader », Oran, Dar El Gharb, 2004 et « Le thermalisme en Algérie, histoire etc. », Oran, Dar El Gharb, 2005. « Les Danses traditionnelles en Algérie », Sidi Bel Abbés, Timgadiffusion, 2010.

Mir Mohamed

Responsable éditorial WEB

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